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Népal : plus de 350 morts et près de 1 500 personnes portées disparues

Déclenchées mercredi 26 août par l’effondrement d’un glacier dans l’Himalaya, des crues soudaines et des coulées de boue ont dévasté plusieurs zones frontalières.

Crues soudaines au Népal et au Tibet : la rivière Trishuli sort de son lit et détruit des habitations.
Reuters

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Lu par une voix de synthèse.

Le bilan ne cesse de s’alourdir au lendemain des inondations meurtrières qui ont frappé le nord du Népal, à la frontière avec le Tibet chinois. Selon la dernière mise à jour du ministère népalais des Affaires étrangères, publiée jeudi soir, 359 corps ont été retrouvés dans les zones touchées. 596 ressortissants étrangers issus de 33 pays sont toujours portés disparus au Népal, un chiffre susceptible d’évoluer avec la poursuite des opérations de recherche.

De l’autre côté de la frontière, au Tibet, les autorités chinoises font également état de centaines de disparus. Au total, près de 1 500 personnes seraient portées disparues au Népal et au Tibet, selon les dernières estimations disponibles.

Un effondrement glaciaire à l’origine de la catastrophe

Le phénomène s’est produit mercredi matin dans la région de Rasuwa, au nord du Népal. Une importante portion d’un glacier située à haute altitude se serait effondrée, provoquant une avalanche mêlant glace et roches.

Cette masse a ensuite atteint le cours d’eau Lhende Khola, entraînant une gigantesque vague d’eau, de boue et de débris qui s’est propagée vers les vallées népalaises. Les analyses satellitaires indiquent que la partie inférieure du glacier s’est détachée à environ 5 200 mètres d’altitude, avant de chuter de près de 1 200 mètres et d’emporter avec elle d’importantes quantités de roches et de sédiments.

Les premières informations avaient évoqué un possible séisme. Mais les analyses ultérieures indiquent que le signal sismique enregistré aurait en réalité été provoqué par le glissement de terrain lui-même, et non par un tremblement de terre.

Des infrastructures et des villages détruits

La puissance des eaux a causé d'importants dégâts le long des rivières Lhende Khola, Bhote Koshi et Trishuli.

Des habitations ont été emportées et plusieurs localités fortement touchées. Au moins 19 ponts et environ 40 kilomètres de routes auraient été détruits, compliquant considérablement l'accès des secours aux zones sinistrées. Des installations hydroélectriques ont également subi d'importants dégâts.

Le poste-frontière de Gyirong, côté tibétain, a lui aussi été atteint par les coulées de boue et de débris.

Des centaines d’étrangers portés disparus

Népal : Plus de 350 morts et près de 1 500 personnes portées disparues

La catastrophe prend une dimension internationale. Parmi les personnes recherchées figurent de nombreux touristes, trekkeurs et pèlerins étrangers qui se trouvaient dans cette région himalayenne, notamment sur les itinéraires menant vers le mont Kailash, haut lieu de pèlerinage.

Le ministère népalais des Affaires étrangères recense notamment 167 Indiens, 66 Américains, 53 Ukrainiens, 51 Malaisiens, 35 Australiens et 33 Britanniques parmi les ressortissants étrangers toujours portés disparus au Népal.

Les secours face à une situation extrêmement difficile

Plus de 5 000 soldats et policiers népalais sont mobilisés pour les opérations de recherche, de sauvetage et d'évacuation. Des hélicoptères, des drones et des équipes spécialisées sont engagés dans les recherches.

Mais les opérations restent particulièrement difficiles en raison de la destruction des routes et des ponts, des niveaux élevés des cours d'eau et des conditions météorologiques défavorables. Des survivants ont déjà été évacués par voie aérienne vers des zones plus sûres et certains blessés transférés vers Katmandou.

Une nouvelle menace inquiète les autorités

Alors que les secours poursuivent leurs recherches, une autre menace plane sur les populations vivant en aval. Deux lacs formés ou gonflés par les débris pourraient provoquer de nouvelles inondations s’ils venaient à céder. Les autorités népalaises et chinoises surveillent donc attentivement la situation et préparent, si nécessaire, de nouvelles évacuations.

Cette catastrophe relance également les inquiétudes concernant la fragilisation des glaciers et des terrains montagneux dans l'Himalaya. Des experts estiment que le réchauffement climatique contribue à rendre ces environnements de haute altitude plus instables, augmentant le risque d'effondrements glaciaires, de glissements de terrain et de crues soudaines.

Les opérations de recherche se poursuivent au Népal et au Tibet, tandis que le bilan humain pourrait encore évoluer dans les prochaines heures.